vendredi 13 février 2009

C'est trash - vous êtes prévenus.

C'est vendredi, c'est sexe, ça fornique dans tous les sens - mais je vais casser l'ambiance parce qu'il est temps de se lancer un post difficile, douloureux, dégoûtant mais de salubrité publique. Quelque chose à la limite du supportable et je m'excuse auprès des âmes sensibles d'aborder ce sujet, j'espère seulement que ma voix sera entendue par les concernés. 
On aura compris que j'aime plutôt bien le porno. 
Mais il y a une chose que je déteste dans le porno, un truc qui me donne juste envie de vomir ou de cesser l'onanisme. Une pratique à laquelle il faut mettre un terme : 
Messieurs les hardeurs, 
Cessez de cracher dans l'anus de vos partenaires. 

C'est insoutenable. 
Ce trou dilaté dans lequel coule de la bave... Rien que d'en parler, je suis sur le point de m'évanouir d'horreur. C'est encore pire que le cunni version gonzo. 

Il y a très clairement un mécanisme d'ordre psychologique qui me rend ce genre de scènes insupportables. Mais j'aimerais assez comprendre quel mécanisme précisément inverse les rend excitantes pour d'autres.  Parce que si cette pratique est devenue un incontournable du genre, une sorte de figure imposée, c'est qu'elle doit bien avoir des adeptes. 
Espérons que ce ne soit qu'un éphémère mouvement de mode. 

Il faut que ça cesse parce que ça devient très gonflant de devoir avancer une vidéo pour zapper ce genre de scènes alors qu'on est généralement au milieu de ladite vidéo donc à un moment plutôt crucial. D'autant plus gonflant que chez le hardeur, l'envie de cracher se manifeste un peu comme une envie de pisser - c'est-à-dire n'importe quand. De façon inopinée. Imprévisible pour les âmes sensibles comme la mienne. 
Mais après étude, l'impulsion n'est pas du tout naturelle. Le hardeur répond aux exigences du mec derrière la caméra et ce moment constitue une sorte d'aveu d'impuissance de sa part puisqu'il s'agit fréquemment d'un instant de flottement, où notre hardeur ne sait visiblement plus très bien quoi faire (il pense vaguement que ça fait un moment qu'il pistonne). Pour lui venir en aide, le mec derrière la caméra lui dit alors : "vas-y montre le fruit de tes laborieux efforts" et hop, tiens, au passage, il crache dedans - ce qui fait un peu bouche-trou au milieu d'un passage à vide, vous m'excuserez l'expression.  
Si nous prouvons que nous sommes suffisamment nombreux à refuser ces images obscènes (or je sais que nous sommes au moins trois), la solution serait de créer une catégorie de vidéos qui préciserait "sans crachage annal" voire même, soyons jusqu'au boutiste "sans crachat" tout court. (Parce que s'il lui crache dans la boîte à caca, en général c'est elle qui a commencé en lui crachant sur le zguègue.) 




mercredi 11 février 2009

J'aime plus ça

Chez Facebook ils ont une âme de GO qui s'ignore. Depuis hier, c'est un peu la colo, ils ont décidé de nous distraire avec un nouveau jouet : le like. Dans la version française c'est plus frontal : j'aime (qui ouvre la possibilité logique à "je n'aime plus").
Problème, parfois, ça donne lieu à des horreurs. Ainsi, je me retrouve avec ça sur ma page :



ou le franchement cauchemardesque :


Et le très joliment absurde :



Par contre, je ne comprends pas la disparition du "ça" dans :


Bref, ça met un peu d'animation sur le site, ça renforce le sentiment de communauté, on vit l'apparition du like tous ensemble, c'est l'occasion de renouveler ses blagues, c'est friendly, ludique, inutile.
Mais mais mais il va pas falloir que ça dure plus d'une semaine leur saloperie. Au bout de deux heures à voir apparaitre des pouces dressés et des "Béatrice Aulnay aime ça" ça commençait déjà à me briser les ovaires sévère. (assonance)
Parce que c'est friendly, ludique, inutile mais surtout totalement polluant. J'espère donc sincèrement que la facebook team ne compte pas sur un épuisement naturel du "like" mais a prévu une date de fin pour l'opération "amusons nos écoliers avec des colliers de pâtes". Ou au minimum, une case dans les options d'actualités pour le supprimer de la home.

mardi 10 février 2009

Une série qui dépote

Pourquoi je ne suis pas encore richissime grâce à girls and geeks ?
Excellente question à laquelle mon coach ne m'a pas apporté suffisamment de réponses satisfaisantes. Je me suis donc penchée sur le problème et j'ai quelques pistes.

D'abord, j'ai fait une très très grossière erreur, j'ai oublié de vous infantiliser à l'aide de meugnons surnoms. Hein mes quiquignous lecteurs d'amour sucré ? Ca va vous plaire que je vous parle comme ça ? Bah j'espère.
(Ca n'est supportable que chez Margaux Motin parce qu'elle a un peu beaucoup de droits, je sais. Mais ça a l'air de marcher chez les autres blogueuses.)

Ensuite, je parle certes de sexe, d'internet et de rupture amoureuse mais ça manque de pastilles ludiques. Du coup, lecteur ma petite pâquerette des bois, j'ai élaboré un superbe concept à la fois ludique et utile pour une non moins superbe série : le guide des chiottes de ma vie.

Pour cette première édition, une critique de chiottes nouvelles : les chiottes du NY Club. L'accueil est agréable. La demoiselle pipi est charmante et l'endroit plutôt intime. Un petit côté presque chez soi. (A part que les murs sont noirs mais ça, c'est le détail hype. Dans les clubs hypeux, les murs des chiottes sont toujours peints en rouge ou noir.) Lumière très discrète (ça ne se voit pas sur la photo à cause de mon flash à la Hiroshima). On appréciera également la présence de papier toilettes. Et le petit rebord au-dessus de la cuvette qui permettrait de poser son sac à main - plutôt que de le laisser baigner dans l'habituelle mare de pisse qui inonde le carrelage de toutes les chiottes à partir d'une certaine heure. "Permettrait" si le vestiaire n'était pas obligatoire... Seul bémol : à déconseiller aux personnes claustrophobes.



Pour les lecteurs courageux qui seraient allés jusqu'au bout de ce post dans lequel, notez-le bien, j'ai accompli l'incroyable exploit de ne rien dire, une espèce de summum de la vacuité vient d'être atteint, une vidéo sur les effets d'optique. (Je sais, tout ça n'a aucune cohérence, j'ai besoin de partir en vacances).

dimanche 8 février 2009

Dimanche Brain

Un terrible manque sur ce blog : je n'avais pas encore posté de photos d'Anaïs de Brain Carayon, la touffue et sexy rédac-chef de Brain-magazine. Or on est dimanche et dimanche c'est photo.
Sur ce cliché, trouve quelle est la personne suffisamment confiante et optimiste dans la vie pour être rédac-chef de Brain.

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Anaïs réfléchissant à l'avenir de Brain "mais qu'allons-nous faire de tout ce fric..."

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Sinon, il est de bon ton de s'extasier sur la qualité de l'air de l'espace fumeur du NY club. Mais sur cette photo on préfèrera remarquer que le moindre mortel zyeute Anaïs avec un mélange d'admiration et disons-le d'amour.

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Le lendemain, back au show-case. Ok, c'est toujours une boîte de poufiars de droite mais bon... Cette fois j'ai vécu un vrai moment de complicité avec la salope de l'entrée (celle qui boit sa coupe de champage perchée sur un tabouret et décide du sort des puceaux qui se présentent à l'entrée). Un des nouveaux mecs de la sécu tentait de la draguer et elle avait juste l'air désespéré. Tellement désespérée qu'elle m'a souri. Je crois même qu'on a failli entrer en communication.

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Reuters, Inrocks, Brain (et en arrière-fond une simili-pouf)

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Sur cette photo, on comprend deux choses : j'ai un truc hyper important à dire et personne au monde ne me volera mon verre.

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Malheureusement, je n'ai pas de photo d'Eric hurlant au vigile "je viens m'ambiancer avec les filles" puis "t'es un pote de Pascal Duquenne toi, non ?" Ni d'Eric passant le bras sur les épaules d'une totale inconnue pour lui dire "Toi, je te respecte pas". Ni d'Eric nous déclarant "Je m'appelle pas laitue".

Maupassant et la vierge

Je me plaignais de notre méconnaissance du sexe dans les années 80, de notre quête sans fin du porno. Mais au moins, on savait à peu près ce qu'on cherchait. Ou en tout cas, on savait qu'il y avait quelque chose qu'on nous cachait. Un siècle auparavant, nos homologues féminines étaient nettement moins bien loties.
Non seulement on ne parlait pas de sexe aux jeunes filles mais pire, elles ne savaient même pas que ça existait. Elles pressentaient vaguement qu'il y avait quelque chose qui leur échappait mais de là à imaginer ce que c'était... Leur ignorance durait jusqu'au mariage, jusqu'à la nuit de noces et là... autant dire que le choc était violent et assez proche du traumatisme à vie. A ce tire, le roman de Maupassant Une Vie est fort instructif. Et atrocement déprimant.
Jeanne est une pure jeune fille qui, la veille de son mariage, se paye LA grande explication paternelle sur ce qui va se passer :



Autant dire qu'après, nunuche est pas très avancée. A part se douter qu'il va se passer un truc affreux contre lequel elle ne devra rien dire.
Arrive la nuit de noce - à laquelle elle ne comprend toujours rien mais qui ne se passe pas exactement comme l'idéal romantique qu'elle imaginait (= s'endormir avec son mari en se répétant "amour toujours")



Et le résultat c'est une sexualité conjugale catastrophique :



Ca ressemble à peu près à la sexualité telle que ma grand-mère pouvait la raconter - donc au XXème siècle. Manque juste le détail qui tue, bien qu'il soit implicitement évoqué dans l'extrait : leur putain de saloperie de chemise de nuit trouée. Je ne sais pas si on vous a déjà parlé de ça, si vos grand-mères ont évoqué cet objet symbole de toutes les frustrations. A l'époque du triomphe d'une forme de puritanisme bourgeois (révolution industrielle etc), les femmes qui baisaient nues, c'était les prostituées. Les bonnes mères de famille, elles, ne quittaient pas leur chemise de nuit, qu'on trouait donc pour un accès facilité à leur moule sacrée. (Du coup, on comprend mieux le temps passé par les maris au bordel.) C'est cette même chemise de nuit qu'on étendait parfois au balcon de la chambre, le lendemain de la nuit de noce, pour que tout le village puisse constater la pureté de la mariée et qu'elle était bien passée à la casserole.
Evidemment, la question du plaisir féminin ne se posait pas mais même pour les hommes l'affaire ne devait pas être très festive. On poussait alors à l'extrême la dichotomie de la maman et la putain. Quand je vois comment on en bouffe encore de cette connerie, combien de fois elle vient compliquer et pourrir les relations amoureuses du XXIème siècle...

jeudi 5 février 2009

Du Tigre au Monstre

Après le détour par l'enthymème, on revient au Tigre.(Je mets le lien sur la page d'accueil du site et pas juste sur l'article en question parce qu'ils en ont un peu marre qu'on oublie qu'ils font des textes sur plein d'autres sujets.)

Dans la plupart des articles qui relayaient l'histoire, on retrouvait des expressions du type "le danger de la toile par rapport à la vie privée". Analyse qui, en l'occurrence, semblait non seulement disproportionnée mais même carrément hors de propos. En effet, on peut se demander ce qu'il y a de vraiment inquiétant dans les infos que le journaliste a dénichées. D'après ce que j'ai lu, pas grand chose. Pas de grande révélation sur la vie de Marc L. Le seul véritable problème de ce type, c'est de s'être retrouvé médiatisé un jour, sans prévenir, sans le vouloir, d'avoir été la proie malchanceuse d'un emballement sur le sujet.

Qu'il n'y ait pas eu de scoop sur la vie de Marc L. n'est que l'expression d'une réalité commune, à savoir que les internautes contrôlent au maximum leur identité numérique. Même chez les plus exhibitionnistes, il y a l'idée sous-jacente de construire une image de soi. Et si l'article du Tigre trace un portrait au final plutôt positif de Marc, un jeune homme qui est à la fois travailleur mais sait s'amuser, ce n'est pas un hasard. Il n'allait pas mettre sur son Flickr des images de fêtes ratées (ou s'étendre sur ses ruptures amoureuses dans un blog). Au fond, la chose la plus impressionnante dans cette enquête, c'est le croisement d'informations disséminées.

Et là, on touche le vrai problème. Si le choix des informations que chacun décide de mettre en ligne est très contrôlé et que tout le monde y apporte un soin particulier, par contre au niveau du contrôle de l'accès à ces informations, c'est la débandade les amis. Minoritaires sont ceux qui ont compris les différentes options de confidentialité. Et pourtant, tout y est pour bloquer les accès. Sur Facebook, la plupart des utilisateurs laissent les paramètres par défaut. L'exemple le plus flagrant concerne les photos. Si un ami à vous est taggé sur une photo, vous avez accès à toute la série - y compris celles sur lesquelles votre pote ne figure pas. Et c'est comme ça qu'on tombe sur des photos d'un dénommé Bernard le cul à l'air, une bouteille de bière coincée dans l'anus.
Cette histoire de photo est une espèce de mythe urbain. En réalité, il ne s'agit pas d'un bug, d'une défaillance du site, de la preuve qu'il n'existe pas de vie privée sur internet. C'est juste la démonstration que les utilisateurs ne vont pas fouiner dans les options et laissent les paramètres par défaut (en l'occurrence, le choix "mes photos peuvent être vues par les amis de mes amis" alors qu'il suffit d'un clic pour arriver à "seulement mes amis").

L'erreur du Tigre est résumée dans une phrase de l'article : "Je pense à l'année 1998, il y a dix ans quand tout le monde fantasmait déjà sur la puissance d'internet. Le Marc L. de l'époque, je n'aurais sans doute rien ou presque rien trouvé sur lui. Là, Marc, j'ai trouvé tout ce que je voulais sur toi."

C'est éminemment faux. On ne trouve pas tout ce qu'on veut sur quelqu'un. Vous pensez bien... Ca serait tellement plus simple... Pour avoir traqué pas mal de gens sur internet, j'avoue que c'est un passe-temps de voyeuriste assez agréable, je peux vous assurer qu'on trouve ce que la personne veut bien laisser transpercer et parfois quelques infos supplémentaires mais rarement de l'extra-ordinaire. Au mieux, on arrive à identifier quelqu'un. Mais ce qu'on découvre surtout c'est l'ignorance des gens. (Ainsi d'une certaine Ophélie Rondeau qui m'a requestée sur Facebook sans que je la connaisse. Je lui ai poliment demandé pourquoi et comme elle ne m'a jamais répondu, je suis allée chercher -en hommage à feu Lycos. L'ignorance d'Ophélie est simple : elle crée régulièrement des blogs qu'elle ferme au bout d'un post et visiblement elle ne connait pas l'option "en cache" dans Google. Mais ces blogs qui ne m'apprenaient pas grand chose, si ce n'est sa manière de se mettre en scène - comme je le fais moi-même ici.)

Internet n'est évidemment pas dangereux en soi, par nature, contrairement à ce qu'on essaie de nous faire avaler à longueur de reportages sur le sujet. Pour autant, des usages néfastes peuvent en être faits - je l'admets sans peine. Mais plutôt que les photos de vacances d'un mec qui ne sait pas encore mettre son Flickr en privé (parce que tout ça, c'est aussi lié à la nouveauté, au temps d'apprentissage nécessaire), je trouve nettement plus inquiétant que 4,5 millions de comptes Monsters aient été récemment piratés.

Photobucket for free, not forever

Ce blog vient de perdre 57,34 % de son charme depuis que les photos ont disparu. (chiffres tirés de la même enquête Ipsos-Le Figaro sur le thème "les lecteurs de G&G sont-ils de bons coups : Oui.") Donc non, ce ne sont pas vos ordis qui merdent (hein Lulu, au lieu d'incriminer le matériel de ton lieu de travail). C'est juste que Photobucket m'a écrit. Oui, à moi, titiou.

"Attention titiou

You have exceeded the 25 GB monthly bandwidth limit on your free
Photobucket account. As such, your image and video links have been
temporarily disabled. Your images and videos have not been deleted but
will be reactivated on the 08th of the month, when your bandwidth
usage resets to zero."

Evidemment, comme ils sont top sympas chez Photobucket, ils me proposent un abonnement à "$39.95 for a full year". (Preuve s'il en est que la voix d'Edwy Plenel, le Victor Newman de Mediapart, est entendue dans les plus hautes sphères.) Mais il est hors de question que je dépense un centime pour cette espèce de monstre qui vampirise ma vie (aka le blog). (Je vois venir les commentaires corrosifs du genre : ça te vampirise vachement tes deux posts par semaine alors qu'il y en a qui en font trois par jour. Mais oui, figurez-vous que la mauvaise conscience, la culpabilité toute judéo-chrétienne de ne pas tenir mes propres engagements me prend un temps fou. Voir les longues minutes passées à psalmodier "il faut que je fasse un post, il faut que je fasse un post".)

Peut-être que la solution serait de cesser de faire des photos qui pèsent la moitié d'un disque dur et mettent 48minutes à être uploadées...
Du coup, pour l'illustration du jour, je fais avec les moyens du bord et hop, je rends hommage aux artistes anonymes qui pratiquent l'art ASCII.



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dimanche 1 février 2009

Du décousu...

... et c'est pas peu dire.

Du cracra.
J'ai enfin décidé de faire une lessive. J'ai failli me faire une réflexion sur mes piètres qualités de femme d'intérieur en me rendant compte que je n'avais aucune idée d'où pouvait être le lavomatic le plus proche. Sachant que j'ai emménagé dans le quartier le 1 décembre... Bah voilà.

La semaine dernière, j'avais déclaré avec une conviction qui n'avait d'égal que la force tranquille de Mitterrand :
- Je suis dans l'antichambre du bonheur.
- Un jour la porte s'ouvrira, compléta Ondine.

Cette semaine, dans les phrases à méditer dans un taxi :
- Faut pas confondre lubricité et virilité, déclara Alexis Lolchaton Ferenczi.
- Ah ouais... Ah ouais ?! s'exclama une titiou lecoq fortement décontenancée par cette nuance (dans laquelle on reconnait la subtilité d'esprit dudit lolchaton).

Non mais alors vraiment aucun rapport à voir entre ces deux échanges hein.

Et sinon, il y a peu, j'ai rêvé de l'hommedemaviedescinqdernièresannées. On se retrouvait à un festival de musique et là, le batard m'annonçait qu'il me quittait. Non mais quel enculé quand même. [Sors d'ici internaute égaré qui arrive parce qu'il a cherché "homme+enculé+lubricité sur Google.] Et c'était horrible, genre le monde s'effondrait (OU PAS). Je restais figée sur place, assommée de chagrin. Je n'arrivais pas à y croire. C'était trop atroce pour être vrai. Et la seule chose qui me convainquait de la véracité des faits c'était la douleur insupportable que je ressentais. Et puis je me suis réveillée en nage. "Han... c'était qu'un cauchemar. Ah oui mais non en fait on n'est vraiment plus ensemble ah oui mais c'est pas lui qui est parti." Ce qu'il y a de fou, c'est de penser que je faisais exactement le même rêve il y a un an et que là, quand même six mois après la rupture, on peut légitimement s'interroger sur la bouillasse que j'ai dans la tête. Par exemple : est-ce que j'ai vraiment bien compris ce que signifiait le mot rupture ?
On peut légitimement s'interroger mais on ne le fera pas parce qu'on est des gens polis hein.
Quand on a un cerveau malade comme le mien, on se demande surtout à quoi ça a servi de s'infliger une rupture si c'est pour se trimballer les mêmes cauchemars six mois plus tard. A quoi on se répond qu'au moins, désormais, ces cauchemars ne nous bouffent plus le reste de la journée.

Et pour finir. J'écoutais tranquillement des élèves femelles parler contraception l'autre jour. Elles en viennent à la conclusion que la pilule c'est pas fiable à 100% - tu m'étonnes. Sauf que leur explication c'est :
- La pilule ça bloque l'ovulation. Mais le problème c'est que tu peux quand même ovuler de plaisir. J'ai une copine qui est tombée enceinte comme ça.
Putain... quand je pense qu'on ne m'a jamais faite ovuler de plaisir...

Lolchaton, dont la tessiture des talents n'est plus à prouver, fait des acrobaties de bar.

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Mais Stance s'en contrefout.

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Ondine Benetier m'a magnifiquement supportée cette semaine. Supporter = double sens. Et vu la bouillasse précédemment évoquée qui me sert de psychée, c'était pas évident.

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Un concert comme un flash.

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Est-ce que ça intéresse quelqu'un d'avoir mon opinion sur l'Appel des 6 pour la liberté de la presse ? Non ?

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Et sinon, les soirées NME ressemblent à ça. Avec des ados drogués et des trentenaires perdus.

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Pendant le concert de Of Montréal, j'ai eu une idée de génie. On dirait qu'avant de monter sur scène, les musiciens (avec l'aide précieuse des ingés son) ils prépareraient le matos pour que les spectateurs n'aient pas les tympans vrillés.
T'as mal aux oreilles ? Moi aussi.

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Mais Of Montréal faisant partie de ces groupes qui m'ont sauvé la vie, je pardonne tout. Donc voilà Kevin en rose.

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Kevin en rose teinté de vert.

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Kevin en clair-obscur.

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Kevin en vert.

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vendredi 30 janvier 2009

Petit retour du friday sex

Petit retour dans la mesure où il s'agit juste de poser quelques postulats.
La dernière fois qu'il y a eu un vendredi du sexe - autant dire que ça commence à remonter puisque vendredi dernier j'ai passé mon tour (je sais Gwendoline, je suis une grosse flemmarde) - il y a eu un commentaire très juste qui m'a particulièrement interpelée. C'était l'idée que le porno c'est de la fiction. Et oui, bien sûr, ça n'a pas une valeur de documentaire. Pour autant, se limiter à cette affirmation, c'est quand même simplifier quelque chose qui, par essence, ne l'est pas.

D'abord parce que même siliconés et bodybuildés, et donc quelque part dé-réalisés, ce sont des vrais corps que l'on mate. De vrais corps meurtris et maltraités - principalement dans le gonzo américain.

Gonzo américain qui pose le problème de la surenchère. Les hardeuses françaises qui ont tenté l'expérience outre-Atlantique, dans l'espoir d'acquérir le statut de véritables stars, n'ont pas très bien vécu l'expérience - aussi courageuses et endurantes soient-elles. De ce point de vue, les scènes de Katsumi aux States sont... heu... parlantes. (J'hésite à mettre un lien vers du pas du tout Safe For Work et du pas très joli en prime... Disons que, pour les curieux, vous tapez Katsumi gang bang dans le moteur de recherche de pornhub et vous constaterez par vous-même les dégâts.) Et on peut, en un sens, lui reprocher ce refus complet de dire stop quand il devient évident qu'elle est au bord de l'évanouissement. Ce faisant, elle participe à ce que les réals exigent autant des autres filles.
Parce qu'il y a une espèce de surenchère perpétuelle et qui bizarrement ne se joue pas sur du "toujours plus de douceur et d'orgasme". Par rapport aux pornos qu'on matait quand on était petits/petites, il y a quand même une montée en puissance du sadisme assez nette qui se joue plutôt autour du défi "jusqu'où le corps et la psyché féminine peuvent-ils tenir ?" question qui semble être le noeud de la majorité des productions récentes. (Même si, bien sûr, ce n'est pas le cas de toutes mais c'est suffisamment courant pour que Dorcel lui-même s'en plaigne).
Qu'est-ce que ces femmes sont capables d'accepter, qu'est-ce qu'elles sont capables d'endurer, jusqu'où va leur soumission - quelque chose qui relève de l'entreprise de déshumanisation. (Des questions que Rocco Siffredi a su très bien exploiter pour son bien-être commercial. Incroyable comment ce connard hypocrite a réussi à se faire passer pour "un homme qui aime les femmes" et être invité sur tous les plateaux de télé alors que dans le milieu il est connu pour être l'inventeur des scènes de levrette où l'actrice a la tête plongée dans la cuvette des chiottes).
Personnellement, je suis convaincue que ces hardeurs, si on leur faisait subir la moitié de ce qu'ils tournent comme scène, ils s'effondreraient complètement.
Mon propos n'est pas de déterminer les responsabilités en la matière, entre producteurs et consommateurs, juste de souligner une évolution du contenu pornographique avant de spéculer sur les implications dans notre sexualité quotidienne. Parce que ces scènes trash, bien que chacun fasse la différence avec la sexualité vécue, elles contribuent à cristalliser de nouveaux fantasmes qui alimentent ensuite, de manière plus ou moins assumée et explicite, les jeux sexuels de la vie quotidienne.

Et je mets en lien mon interview de Milka Manson.

mercredi 28 janvier 2009

Du Tigre à l'enthymème

On a beaucoup parlé de l'enquête du Tigre qui a retracé des moments de la vie d'un parfait inconnu en cherchant et recoupant les traces qu'il avait laissées sur internet (encore un sujet que je vais éparpiller sur dix posts, autant vous prévenir).
Mais alors même que le Tigre déclare s'intéresser à "la confusion entre vie privée et vie publique" et à "l'idée qu'on ne fait pas vraiment attention aux informations privées disponibles sur internet, et que, une fois synthétisées, elles prennent un relief inquiétant " la parution de cette enquête a plutôt alimenté la thèse du monstrueux internet qui est comme une pieuvre géante qui pénétrerait dans nos maisons, violerait nos fils, volerait notre fric et surtout enfoncerait ses tentacules dans nos trous de nez pour nous lobotomiser le cerveau et se nourrir de sa substance blanche. Internet EST bodysnatchers. Une entité mystérieuse qui à elle seule serait la plus forte parce que conjuguant : 
- le conseil des sages de Sion et leurs protocoles pour conquérir le monde
- les réseaux de pédophiles (notamment toulousains) 
- les sections Al-Qaida basées notamment en Seine-Saint-Denis. 
Rassurez-vous cependant. 
Internet a deux ennemis qui le combattront jusqu'à la mort s'il le faut : la télé et Frédéric Lefebvre. 
Parce que rire deux minutes par jour est nécessaire, on se refait un bout de la déclaration du député UMP des Hauts-de-Seine, proche du Président, et pas un genre d'homme à s'emballer pour rien et à faire de la démagogie en jouant sur les pires peurs plutôt que de s'adresser à la rationnalité du citoyen, non, Frédéric, il est au-dessus de ces procédés populistes, démonstration :
"Il aura fallu attendre que des établissements financiers soient en faillite, que la croissance soit au point mort, que des pays soient au bord du gouffre, pour que le monde se réveille et accepte enfin de construire un système régulé au plan international. Faudra-t-il attendre qu’il y ait des dégâts irréparables pour que le monde se décide à réguler Internet ?
L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?
Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde.
[...] La mafia s'est toujours développée là ou l'État était absent ; de même, les trafiquants d'armes, de médicaments ou d'objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid."
L'échange à l'Assemblée Nationale est à lire en entier ICI
On notera que Fredo a potassé son Zola, et connait le pouvoir d'une anaphore bien placée ("combien faudra-t-il" x5). Il connait surtout la valeur d'un sophisme. Et moi, personnellement, j'adore reconstruire les sophismes sous-jacents aux argumentations foireuses. Là, il s'agit plus précisément d'un enthymème (c'est-à-dire qu'une des prémisses n'est en réalité qu'un préjugé couramment répandu). 

Prémisse majeure : le système économique mondial est le théâtre d'excès dont la société est victime (vrai) 
Prémisse mineure : internet est le théâtre d'excès dont la société est victime (= préjugé courant sur la dangerosité du net) 

Conclusion : internet et l'économie mondiale libérale suivent le même régime, ce qui est bon pour l'un est donc forcément bon pour l'autre. (comprendre régulons l'un et l'autre) 
En rhétorique, l'enthymème, bien que fort efficace, c'est un peu le sophisme du pauvre, une suite d'impressions mises bout à bout pour faire croire à une logique implacable là où tout n'est qu'amalgame boiteux.  
A ce rythme, je me demande combien je peux mettre de posts pour arriver à mon sujet. 
Et puis, comme il fallait une photo, bah voilà :